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Olivier de MAGNY (1530-1561) - A sa demeure des champs
Petit jardin, petite plaine
Petit bois, petite fontaine,
Et petits coteaux d'alentour,
Qui voyez mon être si libre,
Combien serais-je heureux de vivre,
Et mourir en votre séjour !
Bien que vos fleurs, vos blés, vos arbres,
Et vos eaux ne soient près des marbres,
Ni des palais audacieux,
Tel
Olivier de MAGNY (1530-1561) (Recueil : Odes) - De l'absence de s'amie
Après que sur le bord du Rhône,
Et que sur celui de la Saône
J'ai plaint longuement ma douleur,
Je viens aux rivages d'Isère,
Rempli d'amoureuse chaleur,
Lamenter ma vieille misère
S'empirant d'un nouveau malheur.
Car plus en moi-même je pense
D'amoindrir
François MALAVAL (1627-1719) - Élévation en voyant une fontaine
Cette claire fontaine,
Coulant de veine en veine,
Vient du sein de la mer,
Et par d'autres canaux rejoint son centre cher.
Et d'où viens-tu, mon âme ?
Je me ravis, je pâme :
C'est de Dieu que tu viens,
Abîme-toi dans Dieu, l'océan de tes biens.
François de MALHERBE (1555-1628) - Beaux et grands bâtiments...
Beaux et grands bâtiments d'éternelle structure,
Superbes de matière, et d'ouvrages divers,
Où le plus digne roi qui soit en l'univers
Aux miracles de l'art fait céder la nature.
Beau parc, et beaux jardins, qui dans votre clôture,
Avez toujours des fleurs, et des ombrages verts,
François MAYNARD (1582-1646) - Je touche de mon pied le bord de l'autre monde
Je touche de mon pied le bord de l'autre monde,
L'âge m'oste le goust, la force et le sommeil ;
Et l'on verra bien-tost naistre du sein de l'Onde
La premiere clarté de mon dernier Soleil.
Muses, je m'en vay dire au fantosme
Stuart MERRILL (1863-1915) (Recueil : Petits poèmes d'automne) - Le lierre noir et la rose églantine
Le lierre noir et la rose églantine
Défendent les portes du jardin
Où le soir d'un printemps qui s'obstine
Est tout d'azur et d'incarnadin.
Dehors s'éplorent les folles fontaines
Qui virent mi-mort d'amour l'Enfant
Venu par les routes incertaines
Vers ce seuil du rêve triomphant,
Éphraïm MIKHAËL (1866-1890) - L'étrangère
En son manteau d'argent tissé par les prêtresses,
La vierge s'en allait vers les jeunes cités,
Et la nuit l'effleurait de mystiques caresses,
Et le vent lui parlait de longues voluptés.
Or, c'était en un siècle où les rois faisaient taire
Les joueurs de syrinx épars dans le printemps ;
Emile NELLIGAN (1879-1941) - Clair de lune intellectuel
Ma pensée est couleur de lumières lointaines,
Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs.
Elle a l'éclat parfois des subtiles verdeurs
D'un golfe où le soleil abaisse ses antennes.
En un jardin sonore, au soupir des fontaines,
Elle a vécu dans les soirs doux, dans les
Emile NELLIGAN (1879-1941) (Recueil : Premiers poèmes) - Rêve fantasque
Les bruns chêneaux altiers traçaient dans le ciel triste,
D'un mouvement rythmique, un bien sombre contour ;
Les beaux ifs langoureux, et l'yprau qui s'attriste
Ombrageaient les verts nids d'amour.
Ici, jets d'eau moirés et fontaines bizarres ;
Des Cupidons d'argent, des plans taillés en coeur,
Et tout au fond du
Antoine de NERVÈZE (1570-1622) - Assis au bord des eaux d'une claire fontaine
Assis au bord des eaux d'une claire fontaine
J'ai l'oeil fixé dessus et l'esprit attentif
Pour ouïr sourdement leur murmure plaintif
Qui semble lamenter le tourment qui me gêne.
Tantôt je suis assis, tantôt je me promène
Et comme si j'étais quelque amant fugitif
Clovis Hesteau de NUYSEMENT (1550-16xx) - De la cime des monts les fiers torrents se roulent
De la cime des monts les fiers torrents se roulent
Quand les neiges font place aux trésors du printemps,
Des fontainières eaux s'engorgent les étangs
Et leurs calmes ruisseaux par les plaines découlent.
Les troupeaux amoureux les fleurs à bonds refoulent,
Charles d' ORLEANS (1394-1465) (Recueil : Ballades) - Je meurs de soif en couste la fontaine
Je meurs de soif en couste la fontaine ;
Tremblant de froit ou feu des amoureux ;
Aveugle suis, et si les autres maine ;
Povre de sens, entre saichans l'un d'eulx ;
Trop negligent, en vain souvent songneux ;
C'est de mon fait une chose
Charles d' ORLEANS (1394-1465) (Recueil : Ballades) - Je n'ay plus soif, tairie est la fontaine
Je n'ay plus soif, tairie est la fontaine ;
Bien eschauffé, sans le feu amoureux ;
Je voy bien cler, ja ne fault qu'on me maine ;
Folie et Sens me gouvernent tous deux ;
En Nonchaloir resveille sommeilleux ;
C'est de mon fait une chose meslee,
Ne
Charles d' ORLEANS (1394-1465) (Recueil : Rondeaux) - Le temps a laissié son manteau
Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s'est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.
Il n'y a beste, ne oyseau,
Qu'en son jargon ne chante ou crie
Le temps a laissié son manteau
De
Odilon-Jean PÉRIER (1901-1928) (Recueil : Le citadin) - Je ne chanterai pas très haut ni très longtemps
Je ne chanterai pas très haut ni très longtemps.
C'est à mon plaisir seul, à vous que je m'attends
Égalité du coeur, honnête poésie.
Je n'ai rien de meilleur que cette humeur unie,
J'éprouve la couleur le grain de mon papier
Et
Odilon-Jean PÉRIER (1901-1928) (Recueil : Le promeneur) - Les fontaines ornées d'écume et d'armes blanches
Les fontaines ornées d'écume et d'armes blanches
Les fontaines, ce soir, parlent à haute voix
La vitre des cafés
Murmure, où la buée, les baisers se mélangent
Le souffle de l'amour et les lèvres mouillées
Que je goûte sur toi.
Honorat de Bueil, seigneur de RACAN (1589-1670) - La venue du Printemps
À Monsieur de Termes
Ode
Enfin, Termes, les ombrages
Reverdissent dans les bois,
L'hiver et tous ses orages
Sont en prison pour neuf mois ;
Enfin la neige et la glace
Font à la verdure place,
Enfin le beau
Honorat de Bueil, seigneur de RACAN (1589-1670) - Stances à Thirsis
Thirsis, il faut penser à faire la retraite :
La course de nos jours est plus qu'à demi faite.
L'âge insensiblement nous conduit à la mort.
Nous avons assez vu sur la mer de ce monde
Errer au gré des flots notre nef vagabonde ;
Il est
Rainer Maria RILKE (1875-1926) (Recueil : Vergers) - La fontaine
Je ne veux qu'une seule leçon, c'est la tienne,
fontaine, qui en toi-même retombes, -
celle des eaux risquées auxquelles incombe
ce céleste retour vers la vie terrienne.
Autant que ton multiple murmure
rien ne saurait me servir d'exemple ;
toi, ô colonne légère du temple
Rainer Maria RILKE (1875-1926) (Recueil : Vergers) - Ô nostalgie des lieux...
Ô nostalgie des lieux qui n'étaient point
assez aimés à l'heure passagère,
que je voudrais leur rendre de loin
le geste oublié, l'action supplémentaire !
Revenir sur mes pas, refaire doucement
- et cette fois, seul - tel voyage,
rester à la fontaine
Rainer Maria RILKE (1875-1926) (Recueil : Vergers) - Tel cheval qui boit à la fontaine
Tel cheval qui boit à la fontaine,
telle feuille qui en tombant nous touche,
telle main vide, ou telle bouche
qui nous voudrait parler et qui ose à peine -,
autant de variations de la vie qui s'apaise,
autant de rêves de la
Rainer Maria RILKE (1875-1926) (Recueil : Vergers) - Verger (III)
Jamais la terre n'est plus réelle
que dans tes branches, ô verger blond,
ni plus flottante que dans la dentelle
que font tes ombres sur le gazon.
Là se rencontre ce qui nous reste,
ce qui pèse et ce qui nourrit
avec le passage manifeste
Jean ROBERTET (14xx-1503) - Ballade
Je meurs de soif auprès de la fontaine ;
Je treuve doulx ce qui doit estre amer ;
J'aime et tiens chiers tous ceulx qui me font haine,
Je hé tous ceulx que fort je deusse amer ;
Je loue ceulx que je deusse blamer,
Je prens en gré plus le mal que le
Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - Les miroirs, par les jours abrégés des décembres
Les miroirs, par les jours abrégés des décembres,
Songent-telles des eaux captives-dans les chambres,
Et leur mélancolie a pour causes lointaines
Tant de visages doux fanés dans ces fontaines
Qui s'y voyaient naguère, embellis du sourire !
Et voilà maintenant, quand soi-même on
Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - Quand le soir est tombé dans la chambre quiète
Quand le soir est tombé dans la chambre quiète
Mélancoliquement, seul le lustre émiette
Son bruit d'incontenté dans le silence clos.
Lustre toujours vibrant comme un arbre d'échos,
Lustre aux calices fins en verre de Venise
Où la douleur de la poussière
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