Analyse linéaire préambule DDFC
Publié le 25/02/2025
Extrait du document
«
Introduction : Olympe de Gouges (1748-1793) est une femme de lettres qui s'inscrit dans le
mouvement des Lumières par ses œuvres progressistes qui militent pour l'égalité.
Elle participe
pleinement à la Révolution française en promouvant notamment l'égalité entre les hommes et les
femmes.
Son féminisme combattif fait d'Olympe de Gouges une figure singulière et marquante de
la Révolution française.
La militante meurt guillotinée en 1793 pour avoir dénoncé les massacres
menés au nom de la Révolution.
Ce texte constitue le préambule(Introduction) à sa Déclaration
des droits de la femme et de la citoyenne (1791), son texte le plus connu.
Cette Déclaration
d'Olympe de Gouges réécrit la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 pour
énoncer les principes de l'égalité entre les sexes.
Dans ce texte introductif, Olympe de Gouges expose les buts de sa démarche.
On peut
se demander en quoi ce préambule justifie-t-il l'importance d'une constitution affirmant l'égalité
entre les hommes et les femmes ?
Pour répondre à cette question nous verrons dans une première partie comment Olympe de gouge
appelle les femmes à ce constitué en Assemblé nationale.
Dans un deuxième temps nous verrons
l’importance de la nécessité de déclare les droits de la femme et enfin nous verons comment
l’auteure introduit les articles de droit auxquels elle aspire
I - Olympe de Gouges appelle à la constitution d'une Assemblée nationale des
femmes Le préambule s'ouvre sur une énumération ternaire «Les mères, les
tilles, les sœurs».
Qui permet de designer toute les femmes
L'autrice désigne ainsi toutes les femmes par périphrase (désigner les choses indirectement).Ces
périphrases insistent sur la solidarité de ces femmes.
Elles sont en effet d'emblée présentées comme
formant une seule et même famille.
Ces périphrases soulignent également la puissance des liens qui
unissent les femmes aux hommes (mères, filles, sœurs).
Les femmes, de par leur importance, sont les «
représentantes de la nation ».
L'apposition « représentantes de la Nation » permet à Olympe de Gouges
de crée un lien entre le biologique (la famille : mère, filles, sœurs) et la politique (la nation).
Elle rappelle
ainsi que les femmes, par leur importance dans la société, peuvent, autant que les hommes, représenter
la nation.
La notion de Nation est complexe et s'affirme à la Révolution française.
La nation désigne une
collectivité d'individus s'accordant à coexister sous les mêmes lois et les mêmes principes.
La nation
constitue donc une organisation politique qui s'oppose à la monarchie de droit divin, selon laquelle le
pouvoir politique est organisé par un roi choisi par Dieu.
Or puisque les femmes sont « représentantes
de la nation », elle « demandent d'être constituées en Assemblée nationale ».
L'emploi du présent de
l'indicatif (« demandent«) indique la volonté de voir ce qui est écrit mis en œuvre dans la société.
Olympe
de Gouges n'écrit pas pour l'avenir, mais pour le présent, dans l'urgence même.
L'« Assemblée nationale » rassemble les individus élus pour représenter et défendre les intérêts de la
nation.
Olympe de Gouges reprend ainsi les pratiques révolutionnaires.
En demandant à ce que les
femmes se constituent en Assemblée nationale, Olympe de Gouges aspire à une Révolution dans
la Révolution, afin que les femmes soient libérées autant que les hommes de la tyrannie.
Olympe de
Gouges justifie son projet par la suite en expliquant l’importance et la necessité de déclaré les droits de la
femme
Il - Olympe de Gouges explique pourquoi une constitution égalitaire entre les sexes est
vertueuse
Olympe de Gouges considère « que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de la femme sont les seules
causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements ».
La gradation « l'ignorance, l'oubli
ou le mépris » juge sévèrement la société qui maintient volontairement (« le mépris«) la femme dans un
état de dépendance.
Il en résulte « des malheurs publics» et « de la corruption des gouvernements«.
D'après l'autrice, ces désordres sociaux proviennent du mépris que subissent les femmes.
Son diagnostic
considère la misogynie comme la maladie qui affecte tout le corps social.
Après ce sévère diagnostic,
Olympe de Gouges expose la solution : faire une Constitution qui égalise la condition des sexes.
Cette
énumération ternaire d'adjectifs (« droits naturels, inaliénables et sacrées« ) est importante.
En évoquant
les « droits naturels » de la femme, Olympe de Gouges considère que la Constitution doit restaurer les
droits établis par la nature, mais qui ont été bafoués par les hommes.
Le rythme ternaire confère à ces
droits une certaine sacralité.
La locution conjonctive « afin que », comme le participe présent «
Considérant que », témoigne de la dimension argumentative et juridique de ce préambule.
Olympe de
Gouges souhaite que « cette déclaration constamment présente à tous les membres du corps social, leur
rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs.
» L'adverbe temporel « constamment » repris par son
synonyme « sans cesse » insiste sur le fait que l'égalité entre hommes et femmes est un principe qui
nécessite un effort de tous les instants.
Ce principe doit devenir un des fondements de la nouvelle société.
L'ensemble du « corps social » est concerné.
Cette....
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